Débat citoyen :

« Les avantages et les inconvénients des élevages industriels de poulets Vivadour »

 

Vendredi 14 octobre, à l’initiative de René Castagnon, le Cercle des Citoyens 32 a organisé à Monlezun un grand débat intitulé « Les avantages et les inconvénients des élevages industriels de poulets Vivadour ».

Devant environ 250  personnes, les représentants des partisans (Vivadour, FNSEA, CDJA, un éleveur de Monlezun) et les représentants du Collectif d’opposants (UFC32-Que choisir, Les Amis de la Terre, Bien vivre à Lannepax, Confédération Paysanne, Modef) aux projets d’installation de 5 sites d’élevage de poulets industriels se sont exprimés et ont répondu aux nombreuses questions de la salle. La pertinence de ces questions a montré que l’assemblée mesurait les enjeux de tels projets. Les discussions ont eu lieu dans le respect des opinions de chacun et ont permis de faire circuler la parole.

Les inquiétudes exprimées par la majorité des participants concernaient la santé et l’environnement : condition des poulets entassés à 24 au m2, carences des animaux élevés en lumière artificielle (privés de soleil) et inactifs (quelle valeur nutritive peut avoir leur chair ?), alimentation des poulets avec du soja OGM et réintroduction possible de farines animales, opacité des traitements médicamenteux, emploi d’antibiotiques néfastes aux consommateurs et polluants les nappes phréatiques et les sols, manquements dans les analyses des effluents épandus sur les sols (seules les matières azotées sont dosées), nuisances et pollutions atmosphériques, mise en danger des éleveurs en cas d’épidémie ou de diminutions de ventes, prix tirés à la baisse menaçant la production de poulets Label et poulets bio, main mise de l’industrie agroalimentaire sur les éleveurs, mise à mal de l’image des productions de qualité du Gers et de son activité touristique…

Les nombreux problèmes soulevés par toutes ces questions n'ont pas trouvé de réponses aptes à rassurer les opposants aux projets. En fait, les partisans des poulets industriels ont reconnu que les risques étaient réels, mais ont fait valoir qu'à leurs yeux les impératifs économiques devaient primer et que l'élevage industriel répondait à une réelle demande des consommateurs, désireux de manger du poulet à bas prix.

Des protestations se sont élevées quand on a appris que 82 % des poulets consommés dans la restauration collective (cantines scolaires, restaurants d’entreprise, maisons de retraite…) sont des poulets issus d’élevage industriel. Il s’agit donc d’un choix de société crucial : quelle alimentation pour demain ? Quelle agriculture doit être privilégiée pour le respect de la terre et la santé de nos enfants ?


Si les 700.000 poulets, programmés par unité d’élevage industriel tous les 40 jours, sont répartis en filière de qualité sur plusieurs exploitations, nombre d’emplois seront préservés et créés. L’environnement sera épargné et la population respectée. Un sondage de la Région Midi-Pyrénées montre que l'environnement est le deuxième sujet de préoccupation des gens de la région. La région elle-même semble miser sur le bio ! Ce n’est pas avec des élevages industriels qu’elle montrera l’exemple. Qui plus est, le Conseil Général du Gers prône une alimentation saine avec des produits de saison et de proximité dans les cantines des 21 collèges publics du Gers. Le Collectif d’opposants en appelle à la cohérence d’autant plus que, selon le sondage TNS-SOFRES réalisé dans le Gers en septembre dernier, 77% des Gersois consultés se sont révélés opposés aux projets d’élevages industriels.

Au terme de la soirée, les participants ont donc senti que le sujet devait être réellement approfondi, dans un souci de transparence, d’autant plus que la législation réglementant les élevages se réfère à des textes de 1976… Des textes inadaptés aux conditions de vie et à l’état des sols de 2011.

Ainsi le Collectif se positionne en tant que sentinelle, lanceur d’alertes pour la santé des populations, la préservation des richesses naturelles, l’avenir de l’agriculture. D’autres débats similaires devront être organisés dans le département afin d’informer le plus grand nombre de citoyens et briser l’indifférence et le déni de certains à l’égard des outrages perpétrés sur la nature. Le collectif reste donc très mobilisé, conscient qu’une fois la première installation accordée, il n’y aura plus de raisons de refuser les autres. Le Gers ne doit pas être sacrifié et devenir une Bretagne bis ! Le devoir est de rester vigilant.